Un jour, les Dieux des stades ont dit:
«Tenez jeunes filles, voici notre temps mort. Faites-en bon usage.»
Les adolescentes ont tendu les mains et accepté le présent. Mais avaient-elles seulement conscience de la charge dont elles venaient d'hériter: une mise à mort du temps (par le «divertir») qui marquerait peut-être le temps de leur propre mise à mort?
TOUCH DOWN est une pièce chorale pour 5 danseuses qui revisite le destin tragique de la cheerleader en rapprochant deux mythes: l'un est un rite païen dans lequel, chaque printemps, les anciens sacrifient une jeune fille qui doit danser jusqu'à la mort pour garantir à la communauté une récolte prospère; l'autre est une pratique populaire dans laquelle un groupe de jeunes filles doit danser pendant chaque temps mort pour maintenir l'excitation de la foule. Une confrontation entre deux icônes de la modernité: la pom-pom girl et le Sacre du printemps. Une confrontation entre culture pop et culture savante. Entre le «noble» et l’«ig-noble». Au cœur d'une installation lumineuse, TOUCH DOWN choisit la stratégie du détournement: celle d'une gestuelle existante, jusqu'à dessiner un possible folklore contemporain rigoureusement partitionné. En ritualisant une telle activité, la pièce invite à repenser l'acte de sacrifice et ses corps dévoués. Et pose la question: de quoi la pom-pom girl est-elle l'icône? Et à quel prix?